Au lendemain de la conquête
La principale préoccupation de Londre était de conserver cette
ex-colonie de la Nouvelle-France et les gouverneurs miliaires reçurent
l’ordre de concilier la population conquise, conciliation d’autant
plus nécessair, compte tenu de la présence d’une élite militaire
canadienne, les craintes d’une guerre de revanche de la part de la
France, les signes avant-coureurs de la révolution américaine, la guerre
de l’indépendance, incitèrent les administrateurs coloniaux à
recourir aux services de ce qui restait de l’ancienne « caste militaire
» canadienne et de leurs descendants. En cherchant à préserver l’intégrité
de son empire et à gagner
l’appui des masses canadiennes, la Grande-Bretagne donnait la chance à
plusieurs familles de la
gentilhommerie canadienne de renouer avec le métier des armes.
Tous les membres des familles de l’élite militaire canadienne sont
conscients qu’ils vivent une situation
nouvelle. Ceux qui demeurent, s’attachent à leurs principales
institutions, le système seigneurial et la milice,
et s’efforcent de s’y ménager une place. Les Lotbinière, les
Saint-ours et d’autres s’occupent de leurs propriétés foncières
pour tirer avantage de la future milice canadienne. Dans ce processus de réadaptation,
certains seront plus prompts et plus à même de saisir les possibilités
nouvelles, comme Monviel et Salaberray; à viser d’autres objectifs
comme De Bonne et Lavaltrie ; mais d’autres vont demeurer attachés à
de vieilles ambitions , comme Longueuil et de Léry . Plusieurs vont faire
des choix, des compromis et
tenter d’intégrer les occasions d’emplois pendant quarante ans, de
1775 à 1815, à un nouveau régime de vie, à un nouveau rôle social.
Dans l’ensemble, ces choix et ces occasions d’empois ne seront jamais
tels qu’ils puisent assurer une assise suffisante, dans la société
canadienne. L’ancienne élite militaire pour résister à l’épreuve
du temps.
( Une élite en déroute ……, Roch Legaut , Athéna édition
p. 155-157 )
Grande hémorragie
1870-1900
Environ
500 000 québécois quittent
la province, ce sont très majoritairement
de Canadiens français. Un nombre de 80 000 peut être vont s’établir
ailleurs au Canada, surtout en Ontario et dans l’ouest du Canada. Ce
sont principalement les Etats-Unis
qui attirent les Canadiens français. Certains s’établirent sur les
terres agricoles du Mid-Ouest, mais la plupart, par famille entière, ils
choisissent
la Nouvelle-Angleterre. Là
dans les filatures surtout, on trouve du travail
beaucoup pus facilement qu’au Québec.
Dans
les villes comme Manchester, Burlington, Lowell, Woonsocket, la population
des C.F. devient assez
nombreuse pour recréer ses propres institutions et préserver son mode de
vie. Vers 1900,
1 200 000 C
.F. habiteraient aux E.U. La population du Québec n’est alors que
1 600 000. A
l’intérieur même du Québec, on observe des mouvements migratoires
importants. On occupera des territoires peu peuplés ou éloignées. Ainsi
le nombre de C.F. croit sensiblement dans les Canton de l’Est, en Gaspésie,
au Lac Saint-Jean, dans l’Outaouais. Mais c’est surtout dans les
villes que se dessine le mouvement migratoire. ( Nouvelle Histoire du Québec
et du Canada …)
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